Le rap engagé, voire enragé

Il prend racine sur la côte Est des USA. Il reflète les problèmes sociaux et raciaux de son époque. D'anciens dealers ou "voyous" lâchent les armes au profit du micro, comme Afrika Bambaata dans le Bronx qui créa la Zulu Nation, organisation ayant pour but de fédérer les gangs de manière positive et non violente autour du rap.

De façon moins positive, NWA (littéralement "Niggaz Wit Attitudes"), dont font partie un certain Dr Dre et ice cube s'attaque à la police :

Très engagé auprès de la communauté noire américaine, Public Ennemy se caractérise par des sons très lourds, son style vestimentaire (la grosse horloge autour du coup caractérisera les rappeurs dans les médias), sa symbolique militaire à la Black Panther, et son slogan : "Make love, fuck war" :

Se situant entre Public Ennemy et NWA, Dead Prez fait référence aux présidents morts américains présents sur les billets de banque. Ils dénoncent le racisme, le contrôle des entreprises, et sont critiques envers les différents gouvernements américains :

Rage against the machine (RATM pour les intimes) est un groupe de fusion. Ce n'est pas du hip hop au sens strict du terme, mais le flow de Zack de la Rocha est typiquement hip hop. Leurs chansons sont particulièrement anti-capitalistes, et le groupe (très politisé) se sépare pour divergences politiques (dommage...). Dans ce clip, RATM a réussi à faire fermer la bourse de Wall Street en faisant un concert sauvage devant :

Michael Moore était déjà de la partie.

Les musiciens se sont retrouvés avec Chris Cornell de soundgarden sous le groupe Audioslave, et Zack de la Rocha collabore sur de nombreux titres, mais aussi sur des projets personnels comme One day as a lion.

En France aussi, on a du rap engagé. Le bien connu Suprême NTM s'attaque aux problèmes sociaux et à la police, comme dans la chanson "qu'est ce qu'on attend" :

Désolé pour la version censurée, mais le début de clip est important à mes yeux. Le problème d'NTM vient de l'incompréhension de la majorité des français par rapport au nom du groupe. Mais ne vous arrêtez pas à ça, et écoutez les paroles. Les textes sont plus subtils qu'ils n'en ont l'air.

IAM est un autre groupe phare des années 90. Dans leur chanson petit frère, ils parlent de la dérive de la jeunesse dans les banlieues :

Dans leur chanson nés sous la même étoile, le groupe parle de l'égalité des chances. Ou plutôt du manque d'égalité des chances entre un jeune des beaux quartiers, et un jeune de banlieue :

Assassin aura marqué les années 90 de façon plus discrète (moins visible dans les médias), avec des chansons portant sur les inégalités sociales, le capitalisme ou la politique :

Légal ou illégal montre la frontière mince entre la légalité et l'illégalité en fonction de votre statue social :

L'engagement dans le rap se fait de façon brutale, frontale. Mais comme je vais vous le montrer dans le prochain épisode, le rap peut-être festif, funky, positif.

# Episode 1 : Peace, love, united and having fun
# Episode 2 : Le hip hop, au début, il y a eu le commencement
# Le rap engagé, voire enragé (vous êtes ici)
# Episode 4 : le rap festif, positif et alternatif

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